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Ayame s’avançait à grands pas de la jeune fille qui était assise sur le bord, la tête baissée, elle lui donnait l’impression d’être  innocente, et pourtant, elle se comportait durement avec lui. Il se mit à genoux, comme pour être face à elle.

-          Triste ?

Elle ne répondait pas, et ne lui adressa aucun regard, il fronça les sourcils, pensant que son époux lui avait ordonné de ne pas lui parler.

-          Takeshi n’est pas là ? Demanda-t-il

-          Je sais très bien qui l’a envoyé, je ne suis pas stupide.

-          Je n’en doute pas.

Elle ne le supportait pas, tout chez lui était déplaisant, son sourire, son regard, sa façon de parler, son arrogance, tout ! A chaque fois qu’il ouvrait la bouche pour dire un mot, elle devinait qu’il allait dire quelque chose de désagréable.

-          Personne n’est là, partez.

-          Personne ? Et vous, alors ?

-          Taisez-vous ! Je ne vous supporte pas ! Vous êtes arrogant et impoli, mais en plus de ça, vous êtes méchant !

Il riait, « méchant » était un mot pour les enfants. Il n’avait pas tort, c’est une enfant gâtée.

-          Moi ? Arrogant ? Impoli ? Et méchant ?

-          Oui, qui d’autre ?! Il n’y a que nous deux ici, vous êtes stupide.

« Il n’y a que nous deux ici » Cette phrase lui plaisait tellement qu’il aurait voulu lui demander de répéter. Au lieu de dire quelque chose qui allait surement lui déplaire, il lui tendit la main.

-          Offrez-moi une balade, s’il vous plait, je vous prouverais le contraire.

-           Je refuse, je suis une femme mariée, je n’ai pas le droit de sortir sans la permission de mon mari.

Et puis quoi encore ? Mariée ? Comme si son crétin de mari s’intéressait à elle !

-          Takeshi ne dira rien.

-          Bon dieu ! Je ne veux pas !

-          Je vous en prie, ma main me fait mal.

Elle contempla sa main, longtemps. Elle pensa que cette dernière était fine, avec des lignes bien marquées, elle pouvait apercevoir ses ongles bien taillés. Elle accepta sa main et se leva doucement en  gardant les yeux fermés. Il pensa qu’elle ferait une reine parfaite.

-          Parlez donc, je m’ennuie.

-          J’aimerais savoir, Takeshi vous a-t-il parlé d’une certaine Aiko ?

-          Non.

Il s’en doutait, c’était un trompeur !

-          Vous a-t-il dit qu’il vous aimait ?

-          Je ne vois pas en quoi cela vous intéresserait.

Quel gâchis ! Mentir à une femme aussi ravissante…

-          Je ne vois vraiment pas pourquoi vous restez plantée sans rien dire … Il ne vous aime pas.

-          Je m’en fiche.

Elle avait l’air contrariée, et il voulu retirer ses paroles, mais c’était trop tard.

-          Et puis … Allez voir votre femme, elle attend surement.

-          Ma femme ? Dit-il en souriant, mais je n’attends que vous pour l’être.

Elle sursauta, ses joues s’empourprèrent.

-          M..Mais soyez plus discret ! Enfin ! Cria-t-elle.

-          M..Mais soyez plus discret ! Enfin ! Cria-t-elle.

Il a commis une bêtise et il s’en voulait.

-          Excusez-moi … Je n’ai pas pu me retenir.

Le reste de la promenade se fit en silence. Il s’impatientait, il voulait savoir ce qu’elle pensait de lui.

-          Convaincue ?

-          A moitié.

Il soupira, c’était une femme difficile.

-          Mais pourquoi cherchez-vous à me prouver que vous n’êtes pas ce que je pense ?

-          Je crois que je vous apprécie, dit-il en essayant de modérer ses paroles.

Elle rougit, ce qu’il disait avait l’air d’être tellement vrai. Elle s’en voulait, elle s’était montrée trop dure avec lui, alors qu’il ne le méritait pas.

-          Vous perdez votre temps … Je vous ai prévenu … Avant de vous jeter dans une telle quête.

-          Je m’y suis déjà jeté, sans m’en rendre compte. Vous avez un de ces pouvoirs magiques, votre regard ensorcelle chaque homme que vous regardez, j’envie Takeshi …

Encore une fois, ses joues prirent la teinte rose de toute à l’heure, et le jeune homme les les remarqua tous.

-          Je m’excuse, je me suis emporté.

Arrivés près du portail de la demeure de la jeune femme, ils se rendirent compte qu’ils se tenaient la main.

-          Ne criez pas, je ne m’en suis pas rendu non plus.

Ses mains étaient étrangement douces pour celles d’un homme.

-          Vous n’entrez pas ?

-          Non, je n’imagine pas ce que me fera Takeshi en me voyant avec vous … 

-          Je lui dirais tout.

-          Merci, vous me rendez un grand service. Menti-t-il.

Lorsque sa bien-aimée s’apprêtait à partir, il l’attira vers lui, et la serra dans ses bras.

-          Hana, lorsque je vous relâcherais, ne me frappez pas, je vous en supplie.

-          Je vous tuerais, se moqua-t-elle.

-          Embrassez-moi, plutôt, ce serait mieux. Ca ne vous coutera rien, vous allez juste vous fatiguer à me frapper.

Il se détacha d’elle avec regret, il en voulait plus.

-          Bon, je vous pardonne cette fois-ci, partez, partez ! Se moqua-t-elle

« Quel idiot » pensa-t-elle. 

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