Takeshi savait que si l’homme qui se tenait face à lui décide de répondre franchement, l’amitié qui les liait allait se briser, ou ne plus être la même qu’avant. C’était en partie sa faute, s’il n’était pas aussi possessif, et jaloux de tous ceux qui réussissaient à gagner la confiance et l’attention de sa femme. Il pensa un moment, se calma et se dit qu’en fin du compte, c’est son cousin qui avait demandé à lui parler.
- Que voulais-tu me dire ? Demanda-t-il en essayant de ne pas trop avoir l’air de s’intéresser à la réponse.
- Je pense que la réponse va de soi.
- Epargne-moi tes énigmes, je ne suis vraiment pas d’humeur.
Le jeune homme fronça les sourcils, il ne supportait pas lorsque son cousin changeait subitement ses manières.
- Eh bien …
Takeshi le coupa.
- Attends, ne me prends surtout pas pour un idiot, je sais de quoi il s’agit, je veux juste te l’entendre dire, vas-y.
- C’est que … Je suis amoureux de Hana. Avoua-t-il en rougissant.
Takeshi se tût, il n’avait pas grand-chose à dire. De toute façon, il s’en doutait.
- Je sais que tu éprouves une haine incomparable envers moi, à présent, et je m’excuse vraiment, je n’ai pas pu me retenir, elle est tellement belle et gentille, que je n’ai pas pu me retenir, je devais en parler à quelqu’un …
La grimace de Saizou exprimait la tristesse, et Takeshi ne tarda pas à la remarquer. Il se leva
- Non, je ne te hais pas, mais je ne t’aime pas plus qu’avant. Je te rassure, tu n’es pas le seul à tomber amoureux d’elle aussi rapidement, et je ne t’en veux pas.
Takeshi avait l’habitude d’écouter les problèmes que rencontrait son cousin avec sa femme, ou plutôt sa sœur, mais Takeshi ne se fatiguait jamais à chercher une solution, prenant pour prétexte son manque d’expérience.
Les deux hommes ne supportent pas le silence qui régnait dans la pièce. Takeshi décida de reprendre ;
- Je préfèrerais que tu prennes ça pour une amourette, on ne tombe pas sous le charme de quelqu’un aussi facilement. Tu remarqueras surement qu’elle ne s’intéresse pas vraiment à toi, tu es comme tous les autres hommes qu’elle a rencontré jusqu’à maintenant, tu apercevras aussi qu’elle est folle amoureuse de moi, tu te décourageras, et tu l’oublieras.
- Ah … Et comment as-tu réussi à la rendre aussi folle de toi ?
- Je ne sais pas … Tu lui poseras la même question à propos de moi …
Son cousin leva la tête vers lui, stupéfait, le jeune homme jura intérieurement, il devait tenir sa langue des fois, il tourna la tête rapidement pour ignorer le regard du jeune homme.
- Je ne te reconnais plus, cousin ! Toi, qui n’adresses aucun regard à aucune Geisha ou n’importe quelle autre femme, tu ressens maintenant ce qu’éprouve un homme en croisant une femme, je ne t’appellerais plus jamais l’homme mort, et je tâcherais de transmettre l’information à grand-père, il cessera de te rappeler à chaque fois que si aucune femme ne te fait aucun effet, tu es un homme mort.
Takeshi voulait à tout prix changer de sujet, il n’aimait pas parler de lui, et surtout pas de ses sentiments.
- Et Asu dans tout ça ?! Cria-y-il, tu ne te rends pas compte de la souffrance qu’elle éprouvera lorsqu’elle sera au courant de tout ça ?
- Ah oui ! Je l’ai complètement oubliée !
- Ca suffit ! C’est ta femme mais aussi ta sœur avant tout, tu as tes responsabilités espèce de crétin !
- Je rigolais, ne t’énerve pas.
- Ne te moque pas de cette façon.
Takeshi tendit la main à son cousin, et l’aida à se relever.
- J’allais oublier ! Le vieux veut te voir.
- Quoi encore ? Je n’arrêterais pas de fumer quoi qu’il fasse !
- Il veut voir ta femme aussi, préviens-la, elle ne doit lui dire trop d’information sur elle-même.
- De toute façon, je suis sûr qu’elle ne tiendra pas sa langue, je vais juste me contenter de ne rien lui dire, dit-il en lâchant la main du jeune homme.
- Et il espère qu’elle ne soit pas trop niaise.
- Ce vieil homme me tape sur les nerfs ! Et puis quoi encore ? Ce n’est pas sa femme à lui, à ce que je sache !
- Doucement, jeune homme.